Pour la dignité et l'autonomie des jeunes.

Les 18-29 ans sont les Français les plus touchés par la pauvreté. Près de la moitié des personnes pauvres en France ont moins de 30 ans. Le quotidien des jeunes est profondément marqué par leur origine sociale et par une grande précarité. Nous défendons le droit de chaque jeune à commencer sa vie comme il l’entend, à accéder à l’autonomie. Inspiré du modèle nordique, ce revenu jeune sera versé à l’ensemble des jeunes de 18 à 25 ans, indépendamment du revenu de leurs parents dès lors qu’ils ne font plus partie du même foyer fiscal, et dégressif en fonction de ses revenus, afin de lui permettre d’accéder à l’indépendance financière, et d’étudier ou de commencer sa vie professionnelle dans des conditions dignes.

Le logement représente en moyenne 50% du budget mensuel des jeunes et des étudiants en France, et jusqu’à plus de 80 % pour les situations les plus précaires. Pour dégager du pouvoir de vivre chez les jeunes, c’est le premier poste de dépense sur lequel agir. L’encadrement des loyers, déjà en vigueur dans quelques dizaines de collectivités et impulsé par les socialistes, permet de préserver les jeunes et les plus précaires de l’inflation des loyers. Il réfrène l’accumulation par de grands propriétaires. Nous proposons d’en généraliser le principe à l’ensemble du pays tout en l’adaptant aux réalités différenciées de chaque ville.

Pour les jeunes et les étudiants, le logement absorbe la majorité du budget mensuel sans jamais leur permettre d’investir dans leur avenir. Alors que les loyers versés sont aujourd’hui un coût à fonds perdus qui alimente les inégalités de patrimoine, nous proposons de transformer une partie de chaque loyer en un apport personnel garanti. En mobilisant un prélèvement sur le loyer brut — compensé pour le propriétaire par des incitations fiscales — et en y adossant un abondement de l’État, ce dispositif permet à chaque locataire de se constituer un capital de départ au fil des baux. Ce capital serait reçu dès lors que le bail est rompu entre le propriétaire et le locataire. Réinvestie dans des fonds sécurisés et d’avenir, cette épargne locative offre aux jeunes la possibilité de bâtir leur premier patrimoine et de financer leur parcours d’émancipation.

Exploités par un modèle productiviste dont les limites sont désormais criantes, les jeunes agriculteurs sont exposés à des difficultés particulières. Nous proposons la création d’une foncière publique agricole afin de financer le rachat d’exploitations sur la base du volontariat et d’y employer ou installer de jeunes agriculteurs, à titre individuel ou collectif, par un bail de long terme ou une location-accession, pour leur permettre de s’installer sans s’endetter et dans de meilleures conditions de travail. En contrepartie, les jeunes agriculteurs qui bénéficieront de ce mécanisme devront s’engager à exploiter une part non négligeable de leur exploitation en agriculture biologique.

Face à la crise de l’offre de logement qui a des conséquences directes sur les jeunes et les étudiants, le maintien de centaines de milliers de logements vides dans nos métropoles est une injustice intolérable. Alors que des milliers de personnes peinent à se loger ou s’endettent pour payer leur loyer, la spéculation immobilière laisse des mètres carrés inoccupés à des fins de rentabilité financière. Nous proposons de faire appliquer fermement le droit de réquisition et d’accroître le montant des taxes sur les logements vacants pour remettre immédiatement ces logements vacants sur le marché locatif accessible. Nous garantissons un toit à chaque jeune, luttons contre la vacance spéculative et réaffirmons la primauté du droit au logement sur la propriété.

Dans de nombreux territoires, les locations touristiques, type Airbnb, rendent difficile l’accès à la location de longue durée pour les habitants et habitantes. Nous assistons à une prolifération de ces locations courte-durée, souvent détenues par des multipropriétaires. Pour lutter contre ces locations touristiques qui empêchent l’installation de vrais habitants de manière durable, nous proposons d’instaurer des quotas de locations touristiques et d’imposer aux propriétaires la mise sur le marché d’un bien en location longue durée pour tout nouvel Airbnb.

L’exigence de garants physiques ou de conditions de ressources disproportionnées exclut de nombreux jeunes, étudiants et travailleurs précaires du parc locatif. Pour lever ce verrou, nous proposons d’instaurer une Garantie Universelle des Loyers (GUL), publique et gratuite. En couvrant les propriétaires contre les impayés, elle sécurise les bailleurs tout en mettant fin au système du cautionnement privé et au filtrage social à l’entrée. C’est un instrument d’égalité des chances qui fluidifie le marché locatif, protège les jeunes face aux aléas de la vie et consacre le droit au logement pour toutes et tous.

Près d’un tiers des jeunes de 18 à 24 ans renoncent régulièrement à des services du quotidien faute de transport. Nécessaires pour étudier, travailler ou se divertir, les déplacements représentent un coût important. Les jeunes précaires et habitant en banlieue ou à la campagne sont particulièrement exposés à cette inégalité. Nous proposons la gratuité du permis de conduire, des transports en commun de ville, des bus et des trains régionaux pour abattre la barrière entre les territoires.

Aujourd’hui un quart des sans-abris sont passés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et si depuis 2021 la prise en charge des jeunes majeurs de moins de 21 ans est obligatoire, les moyens ne suivent pas et l’institution se révèle défaillante. Nous défendons la mise en place obligatoire d’un parcours d’autonomisation, avec entretiens réguliers, jusqu’à 25 ans, accompagné d’un droit au retour au foyer en cas d’échec du premier projet professionnel.