Pour une société qui réhabilite et accueille.

La répression du cannabis menée depuis plusieurs décennies a échoué : près d’un million de Français en consomment quotidiennement et les réseaux de trafiquants s’enracinent. La politique de santé publique doit changer son fusil d’épaule. Nous proposons la légalisation du cannabis sous monopole public afin d’en contrôler la composition, accompagnée d’un redoublement des efforts en matière de prévention et d’accompagnement des consommateurs vers le sevrage.

Les maisons d’arrêt sont particulièrement concernées par la surpopulation carcérale, avec un taux de densité moyen de près de 150%, et jusqu’à 200% pour certaines d’entre elles. Ces conditions de détention déplorables portent atteinte à la dignité des détenus, dégradent les conditions de travail des personnels et annihilent toute chance de réinsertion et de prévention de la récidive. Plutôt que le tout-répressif, nous proposons une refonte des peines encourues pour les petits délits afin de favoriser les alternatives à l’incarcération, qui permettent une meilleure lutte contre la récidive, ainsi qu’un renforcement de l’accompagnement à la réinsertion professionnelle et sociale en sortie de détention.

Les haltes soins addiction offrent un accès à l’accompagnement social et aux soins pour les consommateurs de drogue et d’alcool. Ils permettent également de réduire le risque de décès des consommateurs à travers une consommation supervisée, et de réduire l’usage de drogues et la présence de seringues dans l’espace public. Au vu des résultats positifs des premières expérimentations, nous proposons leur généralisation partout en France.

La France doit renouer avec son héritage d’accueil, en alliant humanisme et justice. Elle doit mieux intégrer : valoriser et protéger toutes les cultures en favorisant le vivre ensemble. Nous ne pouvons nous résoudre à voir mourir des femmes, des hommes et des enfants en Méditerranée. Nous ne pouvons tolérer que l’AME soit menacée, les étudiants étrangers discriminés, les français binationaux stigmatisés. Nous défendons une réforme totale du droit des étrangers et de l’asile, la régularisation des travailleurs sans papiers, la création d’un organisme public indépendant chargé du sauvetage en mer et la réforme profonde des centres de rétentions administratives (CRA). Il n’est pas tolérable que des personnes soient enfermées des mois durant dans des lieux similaires à des prisons sans être passées devant un juge.

L’Union européenne ne peut pas construire son avenir sur le renoncement aux droits humains et la marchandisation du droit d’asile. Nous proposons l’abolition du Pacte européen sur l’asile et l’immigration ainsi que le refus catégorique de créer des « hubs » d’externalisation ou des centres de détention dans des pays tiers pour y transférer les demandeurs d’asile. La France et l’Europe doivent honorer leurs engagements internationaux en matière d’accueil et de solidarité, plutôt que de céder aux logiques de tri, d’enfermement et de sous-traitance de leurs responsabilités morales à leurs frontières.

Aujourd’hui, des milliers de personnes vivent et travaillent sur notre territoire, cotisent à la solidarité nationale et font tourner des secteurs essentiels de notre économie tout en étant privées de droits élémentaires. Nous proposons la régularisation de l’ensemble des travailleurs et travailleuses sans-papiers afin de mettre fin à la surexploitation patronale, au dumping social et à la précarité programmée. Octroyer des papiers à celles et ceux qui participent déjà à la vie de la Nation, c’est rétablir l’égalité des droits, sécuriser leurs parcours et consolider le modèle social pour l’ensemble des salariés.

Pour mettre fin aux campements insalubres et à l’indignité des situations de rue, nous proposons la création de places d’accueil décentes et pérennes réparties sur l’ensemble du territoire national. En accompagnant les collectivités locales et en mobilisant les moyens nécessaires, cette politique de répartition solidaire permettra un accompagnement social, sanitaire et juridique de qualité pour chaque personne arrivée sur notre sol. Garantir une prise en charge humaine et déconcentrée est la condition indispensable pour assurer la tranquillité publique et réussir la politique d’accueil républicaine.