Pour le monde du travail, contre l'oligarchie.

Notre société est minée par la perpétuation et l’aggravation des inégalités, la richesse des individus étant désormais davantage issue de l’héritage que des revenus du travail. Le patrimoine est toujours plus concentré dans les mains de quelques-uns, tandis que 85% des héritages sont inférieurs à 100 000 euros et qu’un tiers des ménages n’hérite de rien. Alors que le vieillissement démographique conduira à une hausse des transmissions au cours des prochaines décennies, il est urgent d’accroître la fiscalité des successions et donations des plus aisés. Nous proposons une taxation pour les successions à partir de 100 000 euros, progressive jusqu’à 75%, ce qui n’aura d’impact que sur les très grands patrimoines.

Aujourd’hui, le capitalisme a fait des êtres humains la variable d’ajustement du système. Le capital dicte aux travailleurs la manière dont ils doivent travailler. L’aliénation par le capital est totale et nous défendons la libération des travailleurs de cet asservissement. Nous devons inverser le rapport de force entre capital et travail. Nous défendons une forme d’entreprise détenue par ses salariés, qui permet une gouvernance démocratique et un meilleur partage de la valeur. Nous proposons de faciliter la reprise d’entreprises par leurs salariés sous forme de SCOP ou de SCIC, grâce à un droit de préférence et à un fonds public d’amorçage, de conditionner les soutiens publics aux acteurs économiques à une gouvernance démocratique effective et à l’encadrement des écarts de rémunération et de renforcer la place des salariés dans les instances de décision de toutes les entreprises.

La crise du sens au travail révèle une aspiration profonde : vivre mieux. Nous produisons toujours plus au détriment de la planète. Travailler moins, c’est se donner du temps pour soi, pour ses proches, pour les loisirs et pour des activités qui renforcent le lien social au service de l’intérêt général. La réduction du temps de travail est un levier pour réduire les inégalités, notamment entre femmes et hommes, en permettant à chacun de concilier parentalité et vie professionnelle. Nous proposons les 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire, comme une réponse nécessaire à cette urgence sociale et écologique, organisées selon le souhait des salariés. Nous refusons la réforme des retraites Borne-Macron et exigeons son abrogation ainsi qu’une annulation partielle des réformes de 2010 et 2014 pour contrer l’augmentation continuelle de la durée de cotisation, tout en conservant et développant la prise en compte des critères de pénibilités et des parcours de vie. Nous refuserons toute réforme des retraites qui vise à faire travailler les Français, et en particulier les classes populaires, plus longtemps.

L’imposition en France est injuste. La charge fiscale repose largement sur les classes moyennes, les petites et moyennes entreprises. Ce que les très riches et les grandes sociétés ne paient pas, ce sont tous les autres qui le paient. Nous rendrons l’impôt sur le revenu et la CSG pleinement progressifs et créerons une tranche marginale de l’impôt sur le revenu à 75 % pour mettre à contribution les plus hauts revenus. Nous abrogerons la flat tax afin de taxer les revenus du capital au moins au même niveau que ceux du travail, tout en instaurant les deux taxes proposées par l’économiste Gabriel Zucman sur la fortune des milliardaires et sur les multinationales pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale. Enfin, pour redonner immédiatement du pouvoir d’achat aux ménages, nous instaurerons une TVA juste socialement, abaissée à 0 % sur l’ensemble des produits de première nécessité.

Le SMIC devra être rehaussé à 1 700 euros net et le point d’indice de la fonction publique devra être augmenté d’au moins 10%. Nous proposons d’instaurer une indexation sur le niveau de l’inflation pour tous les salaires et les traitements en dessous de 1,5 fois SMIC (2800 € bruts mensuels, soit 70 % des Français). Dans la même logique, seules les pensions inférieures à ce seuil seront désormais indexées sur l’inflation (soit 90 % des retraités). Les entreprises qui disposent de marges importantes mais privilégient la rémunération du capital doivent voir leur partage de la valeur ajoutée réorientée. Nous défendons ainsi un mécanisme de « dividende salarié » sous forme d’intéressement et de participation obligatoire en faveur des salariés pour les entreprises distribuant des dividendes à leurs actionnaires. L’objectif est de mieux répartir la richesse créée et faire en sorte que les travailleurs bénéficient directement des performances auxquelles ils contribuent.

Le préambule de la Constitution de 1946 affirme que « chacun a le devoir de travailler et le droit à un emploi ». Pourtant, cela fait 50 ans que les Français subissent des licenciements massifs et la précarisation de l’emploi, sans que la politique économique ne parvienne à les protéger. Le capitalisme néolibéral, en prônant l’idée d’un taux de chômage naturel, considère la privation d’emploi comme inévitable, sans mesurer ses conséquences sociales et la fragilisation du lien social. Chaque jour, des plans de licenciement assombrissent la vie de dizaines de milliers de famille. Une catastrophe sociale causée par des groupes dopés aux aides publiques sans résultat probant, si ce n’est détenir le triste record européen de distribution de dividendes. Nous croyons en la force intégratrice du travail. L’État, employeur en dernier ressort, peut créer des emplois décents dans des secteurs au rendement limité mais à forte valeur sociale ou écologique ajoutée. Nous proposons l’instauration d’une garantie d’emploi sur le modèle de la généralisation de l’expérimentation Territoires Zéro Chômeurs Longue Durée, qui permet de lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

Nous proposons de conditionner les aides publiques accordées aux entreprises à des engagements précis et vérifiables en matière d’emploi, d’investissement, de formation et de maintien de l’activité sur le territoire. Une entreprise qui délocalise une activité ayant bénéficié d’un soutien public ou ne respectant pas les engagements associés à l’aide devra rembourser tout ou partie des sommes reçues.

Sous couvert d’autonomie et de liberté, le développement des plateformes a fait renaître des formes de travail à la tâche, ingrat, voire dégradant eu égard à la façon dont les clients accueillent ces travailleurs, qui signe le retour au XIXe siècle. Entre 2008 et 2022, le nombre de non-salariés a ainsi bondi de 72%, soit 1,5 million de personnes en plus. Cette ubérisation prive de nombreux jeunes travailleurs des protections élémentaires du salariat. Lorsque l’organisation du travail, la dépendance économique et le lien de subordination sont établis, le statut de salarié doit s’appliquer pleinement pour que les travailleurs puissent jouir de leurs droits sociaux attachés au salariat : assurance chômage, retraite, congés payés, représentation collective et protection contre les licenciements abusifs.

Nous sommes depuis notre naissance baignés dans une société de consommation qui est devenue si ordinaire qu’on ne prend plus le temps de l’analyser et la critiquer. Or une partie du désastre écologique contemporain vient de celle-là. Nous proposons de lutter contre l’hyperconsommation en ciblant en priorité la fast fashion et l’obsolescence programmée. Les marques renouvelant excessivement leurs collections devront être davantage pénalisées, avec des malus renforcés et croissants, jusqu’à pouvoir interdire les modèles les plus extrêmes de mode ultra-éphémère. Pour allonger la durée de vie des biens, nous porterons de deux à cinq ans la garantie des gros équipements et développerons sur l’ensemble du territoire des ateliers de réparation, de reconditionnement et de recyclage.

Nous souhaitons instaurer un revenu agricole garanti pour les agriculteurs, afin d’assurer à chacun un niveau de vie digne, de sécuriser l’activité face aux fluctuations des prix et des rendements, et de permettre la transition vers des pratiques écologiquement soutenables. Ce ne serait plus la rentabilité à court terme qui guiderait l’agriculture française, mais la recherche de la qualité et de la soutenabilité à long terme des exploitations.