Pour protéger l'environnement et notre habitat.

Alors que la précarité énergétique touche massivement les jeunes et les ménages modestes, les « passoires thermiques » pèsent lourdement sur leur pouvoir d’achat tout en alimentant la crise climatique. Nous proposons d’accompagner massivement les propriétaires bailleurs par des aides publiques pour financer les travaux de rénovation énergétique de leurs biens, sans reste à charge. Nous défendons également l’interdiction de mise en location des logements dont le DPE est trop faible, prévue dans la loi. C’est une mesure d’urgence écologique et sociale qui protège le budget des locataires face aux factures d’énergie, qui crée des emplois non-délocalisables et contraint les bailleurs à agir pour le climat. Le propriétaire devra s’engager, en contrepartie des aides reçues à ne pas mettre son logement sur des plateformes de location courte durée type AirBNB.

La privatisation des autoroutes par la droite et la hausse continue des tarifs des péages permettent à quelques sociétés concessionnaires de percevoir des dizaines de milliards d’euros de dividendes chaque année. Nous proposons le retour à une gestion des autoroutes par l’Etat en régie directe afin d’encadrer les péages et réinvestir les bénéfices dans la protection de l’environnement et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une taxe sur les SUV sera mise en place pour financer les futurs investissements en matière ferroviaire.

La dépendance de nos sociétés aux énergies fossiles constitue une vulnérabilité économique, sociale et structurelle, notamment car le pic de production mondial de pétrole fut dépassé en 2005. Plus particulièrement, la dépendance française aux importations de pétrole nous expose notamment aux fluctuations des prix de l’énergie et aux aléas géopolitiques internationaux. Nous voulons protéger durablement les ménages de cette dépendance en accélérant l’électrification des transports individuels. Nous proposons ainsi de renforcer progressivement mais massivement le leasing social afin de passer de 50 000 véhicules électriques proposés aux ménages modestes chaque année à terme à 250 000 véhicules par an. Cette montée en puissance devra s’accompagner d’un développement massif des infrastructures de recharge et permettre la création d’une filière automobile européenne et française de voitures électriques abordables.

L’eau doit être protégée des logiques marchandes et rester accessible à toutes et tous, sans distinction de ressources. Or, le réseau vieillissant entraîne la perte de près de 20% de l’eau potable avant qu’elle parvienne au robinet. Pour concilier justice sociale et urgence écologique, nous proposons d’instaurer une tarification progressive de l’eau sur l’ensemble du territoire. Les premiers mètres cubes, indispensables aux besoins vitaux de la vie quotidienne, seront garantis à un coût symbolique, voire gratuits pour les ménages les plus précaires. À l’inverse, les consommations excessives et somptuaires seront surtaxées pour réprimer le gaspillage et financer la rénovation du réseau de distribution. C’est un levier d’équité qui garantit le droit d’accès à l’eau pour les jeunes et les familles tout en responsabilisant face aux enjeux climatiques.

Les élevages intensifs illustrent tout particulièrement les limites sociales et environnementales de l’agriculture productiviste, responsable de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. La surmortalité record des animaux pendant les vagues de canicule a rappelé l’urgence de la bifurcation. Nous proposons de planifier sur dix ans la fermeture des élevages intensifs, assortie d’un accompagnement des gérants et des travailleurs impactés vers des filières et des modes d’exploitation respectueux de la santé, de l’environnement et des animaux. Cette planification sera construite avec les éleveurs, sur la base de critères clairs. La reconversion sera accompagnée par le rachat de dettes, la formation, des prêts à taux zéro, l’accès au foncier et la sécurisation des revenus.

Alors que les premiers effets du bouleversement climatique se font ressentir, la bifurcation écologique doit guider l’action publique dans son ensemble. La protection juridique conférée aux espaces naturels doit être confortée pour les protéger de toute dégradation et assurer leur préservation. Nous proposons d’inscrire dans la Constitution la préservation d’un environnement sain et durable, garantissant à chaque habitant un accès équitable aux ressources, comme c’est le cas dans la constitution équatorienne depuis 2008.

Face à l’ampleur du défi climatique, nous souhaitons que notre politique énergétique ait pour priorité la sortie des énergies fossiles et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Chaque solution décarbonée doit pouvoir contribuer à notre transition énergétique lorsqu’elle répond aux exigences de sûreté, de coût, de disponibilité et d’impact environnemental. Nous proposons d’accroître les investissements publics dans la recherche et le déploiement des technologies permettant d’améliorer la flexibilité de notre système électrique, notamment les solutions de stockage de l’énergie, afin de faciliter l’intégration des énergies renouvelables et de renforcer la résilience du réseau électrique. La recherche en matière d’adaptation au changement climatique, en particulier sur les solutions fondées sur la nature, devra être une priorité des politiques publiques.

Nous souhaitons réformer le Crédit d’impôt recherche (CIR), afin de garantir aux entreprises et aux chercheurs un cadre stable permettant d’investir dans la recherche, de développer de nouveaux procédés et de renforcer la capacité d’innovation de notre économie. Cette réforme profonde doit renforcer des mécanismes de contrôle afin de garantir que chaque euro de dépense fiscale corresponde effectivement à une activité de recherche et développement. Alors que les grands groupes disposant déjà de leviers d’investissement captent la majeure partie du CIR, il devra être réorienter vers les petites et moyennes entreprises qui innovent et ne disposent pas des leviers de financement nécessaires.

Nous proposons un nouveau pacte entre la Nation et ses paysans, qui rémunère à la fois ce qu’ils produisent et ce qu’ils protègent. Des prix minimums garantis, fondés sur les coûts de production réels, et l’encadrement des marges de l’agro-industrie et de la grande distribution assureront un revenu juste ; la sécurité sociale de l’alimentation offrira aux productions locales des débouchés stables. Les services rendus à la nature seront rémunérés, l’autonomie des fermes face aux intrants coûteux accompagnée, et les aides de la PAC réorientées vers l’emploi plutôt que vers la surface. Pour ouvrir ce modèle au plus grand nombre, une grande loi foncière rendra effectif le contrôle des structures et protégera les terres des fonds prédateurs, un dispositif public de portage des prêts permettra de s’installer sans s’endetter pour des décennies, et l’agriculture de groupe sera encouragée pour mutualiser terres, matériel et travail. La formation agricole, dont les moyens seront triplés, s’ouvrira aux salariés et aux nouveaux venus qui veulent reprendre une ferme.