Pour le droit à l'éducation, à la formation et à la réussite.
En finir avec l’école à deux vitesses
L’école française perpétue les inégalités qu’elle est censée résorber. Selon son établissement d’étude, les chances de réussite d’un jeune ne sont pas les mêmes. L’évitement scolaire est plus massif que jamais : la part des élèves de CP scolarisés dans le privé est passée de 23% en 2016 à 28% en 2024. L’écart se creuse entre les établissements publics de secteur et les établissements privés qui concentrent les enfants des familles favorisées. Que la majorité des financements des établissements privés soit constituée de fonds publics sans que l’Etat ne puisse contrôler l’usage qu’ils en font n’est pas acceptable. Nous proposons de conditionner les financements de l’école privée au respect des obligations de mixité sociale et d’inclusion, d’intégrer le privé à la carte scolaire et de supprimer les établissements hors contrat. Les établissements dispensant l’apprentissage d’une langue régionale feront l’objet d’un aménagement spécifique. À terme, les établissements privés seront intégrés au sein d’un service public universel de l’Éducation nationale.
Rémunérer dignement les stages, alternants et mineurs
Essentiel au cursus universitaire, le stage est pourtant trop souvent inaccessible à des étudiants contraints de travailler pendant les vacances scolaires pour subvenir à leurs besoins. Les gratifications sont facultatives pour les stages courts et, même lorsqu’elles existent, leur faible montant ne permet pas de couvrir le coût de la vie. Un stage représente du temps travaillé et doit être compté comme tel. Nous proposons que le stage soit payé dès le premier jour, de revaloriser le montant des gratifications selon le niveau d’étude, et d’intégrer les stages dans la comptabilisation des droits à la retraite. Instaurer le SMIC au taux normal pour les salariés mineurs et les alternants.
Abroger la sélection à l’entrée des études
L’instauration d’un tri généralisé à l’entrée comme au cours du cursus universitaire menace directement la promesse républicaine de l’accès à la connaissance : chaque année, plus de 80 000 bacheliers restent sans affectation à l’issue de la phase principale de Parcoursup, tandis que la plateforme MonMaster laisse près de 30% des diplômés de licence au bord du chemin. En érigeant l’algorithme et la compétition au rang de modes de régulation, la sélection à l’université transforme un droit républicain en un marché d’affectation arbitraire reproduisant les ségrégations sociales. Nous proposons la suppression des plateformes ParcourSup et MonMaster au profit d’un droit effectif à la poursuite d’études. Abolir cette sélection exige de rouvrir un accès libre et universel de la licence au master, soutenu par un plan massif de création de places, de postes d’enseignants-chercheurs et de moyens financiers garantissant la réussite de toutes et tous au sein d’une université démocratisée.
Un financement équitable des universités
Nous proposons de remplacer les dotations historiques et peu lisibles par un financement fondé sur des critères publics et transparents : nombre d’étudiants, coût réel des formations, charges structurelles des établissements et projets temporaires. Les universités placées dans des situations comparables devront bénéficier de moyens comparables, tandis que les missions permanentes seront financées par des crédits pérennes plutôt que par des appels à projets répétés.
Rétablir une université ouverte et gratuite pour toutes et tous
Instauré en 2018, le plan « Bienvenue en France » a instauré des frais d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires, jusqu’à seize fois supérieurs à ceux payés par les étudiants français et européens. Présentée comme un outil d’attractivité, cette réforme a en réalité dressé une barrière financière supplémentaire à l’entrée de l’université, aggravant la précarité déjà subie par ces étudiants. Nous proposons l’abrogation pure et simple du plan « Bienvenue en France » et le retour à des droits d’inscription identiques pour tous les étudiants, quelle que soit leur nationalité, ainsi qu’un accès plein et entier des étudiants étrangers aux bourses sur critères sociaux et aux dispositifs de soutien à la vie étudiante.
Revaloriser le métier d’enseignant et réinvestir dans l'école publique
Des années de sous-investissement et de perte de sens ont fragilisé la communauté éducative. Pour garantir une éducation de qualité à chaque élève, nous proposons d’engager un plan massif de recrutement d’enseignants, de revaloriser significativement leurs rémunérations dès le début de carrière et d’assurer une formation initiale et continue ambitieuse, à la hauteur des défis pédagogiques actuels. Redonner de l’attractivité au métier d’enseignant et du respect à celles et ceux qui l’exercent, c’est investir directement dans la réussite de toute une génération.
En finir avec la précarité scientifique
Nos doctorants sont souvent placés dans des situations de précarité : faible rémunération, rythme effréné, manque de visibilité sur le renouvellement de leurs contrats… Pour leur assurer les conditions adéquates à leurs recherches, qui nourrissent la pensée et les connaissances du pays, nous proposons de garantir un financement digne du doctorat, rompre avec la précarité imposée par le système universitaire et reconnaître les doctorats plus long, la moyenne étant largement supérieure aux 3 ans de subventions accordées par l’Etat. Dans un cadre de fuite de nos chercheurs, il est grand temps de les reconnaître à leur juste valeur, et cela commence dès la formation.
Reconnaître et revaloriser les filières technologiques et professionnelles
Trop longtemps considérées à tort comme des voies de relégation, les filières technologiques et professionnelles sont pourtant des tremplins vers des métiers d’avenir, essentiels aux transitions écologique et industrielle. Nous proposons une revalorisation profonde de ces parcours dès le collège grâce à une orientation choisie et non subie, fondée sur la découverte concrète des métiers et le développement des compétences. Les budgets alloués aux filières technologiques et professionnelles doivent être sensiblement rehaussés. En renforçant le financement public de ces filières et les passerelles vers le supérieur, nous voulons offrir à chaque jeune issu de ces filières la reconnaissance qu’il mérite et des perspectives d’insertion professionnelle choisies.
Garantir l'égalité des chances par un véritable service public de l'orientation
Aujourd’hui, l’orientation scolaire reste trop souvent le reflet des inégalités sociales et territoriales, laissant de nombreux élèves isolés face aux méandres des choix d’avenir. Nous proposons de créer un véritable service public de l’orientation, gratuit et accessible à toutes et tous sur l’ensemble du territoire national. En dotant ce service d’un personnel formé et dédié, présent dès le collège et tout au long de la scolarité, nous permettrons à chaque jeune de construire son projet personnel et professionnel en fonction de ses aspirations, libéré du poids des déterminismes sociaux et des algorithmes d’affectation.
Transformer Erasmus lycéen
Les séjours linguistiques à l’étranger demeurent un privilège réservé à quelques-uns. Le programme Erasmus, n’est en pratique accessible qu’aux jeunes ayant le capital culturel et économique pour. Nous proposons la massification des Erasmus lycéens pour permettre aux jeunes lycéens d’étudier pendant un trimestre à l’étranger, de renforcer leurs compétences linguistiques et de découvrir la richesse des échanges culturels. Pour que ce dispositif ne soit pas uniquement capté par les enfants des classes les plus favorisées financièrement ou intellectuellement, il disposera d’un important accompagnement, en ciblant notamment les lycées professionnels, les établissements dans des quartiers populaires ou encore les territoires loins des frontières.